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Etat du système de santé en France

Le système de santé en France est un système complexe et tous ne peuvent pas y accéder. Or, la santé tout comme l’éducation fonde une société ; elle garantit la sécurité vis-à-vis de l’extérieur et dans le groupe; elle garantit la survie et le développement humains et à ce titre elle devrait être accessible à tous.
La santé est facteur de croissance qui revêt deux aspects : un aspect humain et un aspect économique Le premier englobe la notion de bien-être et la santé est considéré depuis les années 90 un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. Mais la santé est aussi un facteur de développement économique car l’allongement de la durée de la vie est un élément d’enrichissement de la société.

La santé doit être considérée comme un investissement, créateur de richesse et non une charge.

En France, l’investissement est lourd pour un retour sur investissement de plus en plus faible. On ne peut que constater que le système français est peu performant et cher ce qui n’est pas le cas dans tous les pays (Japon). Malgré de nombreuses réformes, le déficit se creuse (10 milliards € par an ; 20 milliards prévus en 2009-2011 par an).

Les insuffisances constatées outre la prévention concernent les inégalités croissantes à tous les niveaux (Homme/femmes ; ouvriers/cadres…) ; il n’y a aucun rapport entre le niveau d’argent consacré à la santé et le niveau de résultats obtenu. Plus curieusement, il n’y a aussi pas de rapport entre le fait de pouvoir payer et le fait de pouvoir accéder à des soins de qualité, voire à des soins tout court.
Comment fonctionne l’offre de soins actuellement ?

Une offre peu coordonnée et source de gaspillage

En termes de choix politiques, ce que l’on peut constater actuellement est la diminution des remboursements des 1ers soins (77% des dépenses de santé) et l’augmentation des remboursements des maladies chroniques (60% de l’augmentation des dépenses de santé).
Ces choix peuvent se discuter mais les problèmes se situent surtout au niveau de l’organisation du système de français. J’en citerai les traits les plus marquants :

– Dossier médical du patient : Un même patient peut avoir plusieurs dossiers médicaux (médecins traitants, hôpital…), ceux-ci n’étant pas unifiés. en effet dans certaines régions françaises, l’informatisation du dossier patient semble être un problème insurmontable malgré les millions d’euros dépensés (Dossier Hermès en gérontologie). Suite aux informations incomplètes ou inexistantes dans un dossier, le patient est amené ainsi à refaire plusieurs fois les mêmes analyses ce qui non seulement amène un surcoût économique mais aussi ne respecte pas le principe de respect de l’être humain ;

– Coordination de l’offre: Un patient peut avoir deux sortes de besoins : soit ce que l’on appelle un besoin de premier recours (maladie ou contrôle, dentiste, ophtalmo, blessure, para médical) soit une besoin se situant après le premier recours (spécialiste, laboratoire, radiographie, hospitalisation). Or il y a peu voire pas de coordination entre compétences médicales ou paramédicales : il est prévu que le médecin traitant s’en occupe mais il n’a pas théoriquement le droit de conseiller un professionnel de santé pour ne pas fausser la concurrence. Il n’y a aussi peu de coordination entre soins de ville (médecine libérale) et médecins d’hôpitaux d’où la création des réseaux de santé dans les années 2000 pour pallier l’absence de communication dans la même corporation.

– Information :
o Où aller ? En cas de problèmes de santé, 4 possibilités s’offrent aux patients en France :
1- Médecins et professionnels de santé libéraux : généralistes ou spécialistes , tous rémunérés à l’acte (traduire : plus vous faîtes d’actes, plus vous avez de chiffe d’affaire : j’ai pu constater que certains médecins traitent plus de 40 patients /jour, véritables stakhanovistes de la médecine)
2- Hôpitaux et cliniques,
3- Centres de santé ou de soins (médecins salariés ou hébergement de libéraux)
4- Associations humanitaires : Médecins du monde, SOS médecins.
oComment y aller ? Par vos propres moyens, les médecins ne se déplacent plus.

– Délais : Ils différent selon l’urgence. Le délai pour certaines professions ou certains lieux sont très longs suite à la désertification médicale provoqué parla politique des facultés de médecine et donc des médecins (numerus clausus). La situation est la même pour les centres de santé. A cela se rajoute le refus de la part de médecins de prendre de nouveaux patients.

– Accès à l’information : Il diffère selon le temps. Les questions à ce niveau sont simples : Quels sont les heures et jours ouvrables ? Comment accéder à tel médecin pendant les heures ouvrables ou en dehors ?
A cela se rajoute la complexité de la prise en charge et à ce niveau deux approches s’affrontent en termes de couverture sociale: Accès universel versus rentabilité économique. C’est ainsi que co-existent :
o Carte vitale avec un risque de surconsommation médicale
o Les mutuelles,
o Le Tiers payants,
o La CMU, AME, ACS qui posent un problème médecine libérale)

A cette complexité des systèmes de prise en charge se surajoutent celles des « catégories » de médecins : Comment savoir si le médecin consulté fait partie du secteur 1,2 ou 3 avec ou sans option coordination ? Il vaut mieux à ce niveau être en bonne santé et en pleine possession de ses moyens pour se diriger dasn ce labyrinthe.
La complexité et le coût de ce système dont l’objectif est plus de protéger les intérêts d’une profession que des malades deviennent des enjeux majeur quand il s’agit des sans papiers et par voie de conséquences l’encombrement des urgences.
Comment en est-on arrivé à cette situation et quelles sont les urgences?
Les trois principaux éléments explicatifs de cette situation sont la médecine de ville, la gestion des problèmes de santé publique et le financement de l’hôpital.

1- Problème de la médecine libérale :
Une organisation chaotique visible avec la chute de la démographie et l’apparition d’un autre rapport à la pratique médicale. L’ancien schéma était le suivant :
Maladie –  Médecin – soins
La réalité est différente car l’objectif est de ne traiter que les malades chroniques (ALD, psychiatrie, AVC, cancer, personnes âgées…)
Le système de santé intervient donc sur une cohorte de personnes et non plus individuellement. Ce changement de pratique médicale associé à d’autres facteurs comme le paiement à l’acte, la solitude…a amené l’effondrement de la médecine libérale.
Quelles serait la solution ? Refondre la médecine libérale mais la droite ne veut pas.

2- Explosion de certaines maladies (obésité…qui fait diminuer ‘espérance de vie comme aux Etats-Unis)
Ceci surcharge le système de santé ; ces problèmes de santé publique ne sont pas traités ; Rien sur la nutrition….

3- Privatisation de l’hôpital
On assiste parfois à une extraordinaire désorganisation de l’hôpital avec un cloisonnement des missions et des métiers. La solution serait de renforcer le management pour garantir l’efficience. Nous ne pouvons laisser la droite s’approprier seule le débat sur l’efficience de la dépense publique. Dans le secteur prive, les soins sont de qualité et le service est plus rapide, et ceci est d’abord du à la capacité qu’à le secteur de sélectionner les patients qui « entrent » dans leur processus de production pré-défini. L’hôpital lui doit assumer sa mission pour tous les patients quelles que soient leurs origines sociales. Il est important de travailler sur l’organisation entre médecins et le personnel hospitalier

On constate une polarité entre beaucoup de dépenses sur les grands malades et peu de dépenses sur les personnes peu malades qui vont vers le privé.

Que privatiser sachant qu’il y a beaucoup de cliniques privées à but lucratif en France ? L’hôpital est à réformer dans ce contexte et la réorganisation demandée par le Président Sarkozy justifiée mais maladroite. Il est certain qu’il faille un chef à l’hôpital ;mais celui-ci doit-il être le directeur administratif. Actuellement la chaine de commandement se fait autour d’un objectif financier et comptable ce qui est rejeté très fortement surtout par l’hôpital public. Une manifestation historique aura d’ailleurs lieu le 28 avril.
Actuellement on assiste à une concentration préoccupante autour de groupe d’hôpitaux privés dont le capital appartient en partie à des fonds d’investissement et dont le but est la recherche de rentabilité. C’est préoccupant en termes de santé publique dans la mesure où certains établissements privés réalisent 80% de l’activité de chirurgie à titre d’exemple dans certaines villes de province.

Les citoyens doivent se saisir de la question de la santé car les dépenses vont augmenter ; il faut faire appel à la solidarité collective et individuelle ; il faut développer un droit individuel des usagers ; étatisation ne doit pas signifier plus de bureaucratie. De plus on est à la veille d’une révolution non thérapeutique (décryptage du génome, révolution de l’imagerie) avec une médecine personnelle, préventive, proactive et prédictive (4P). La réorganisation est donc nécessaire.
Il existe une grande disparité dans la réalité de la démographie médicale entre spécialités et entre territoires, et cela est aussi vrai concernant les rémunérations (rapport de 1 à 10 en région PACA) ; Il faut revoir le contrat entre médecin et patient ; la relation privilégiée entre médecin et patient et le paiement à l’acte ne peuvent plus fonctionner.
Nous allons vers une hyper spécialisation et une transdisciplinarité. La pierre angulaire serait la renégociation du contrat social avec le médecin incluant :

Ø une discussion sur les rémunérations (les différences entre public et privé sont importants amenant à des comportements inadmissibles) et sur une formation médicale continue obligatoire ce qui n’est pas le cas
Ø un contrôle des pratiques cliniques et libérales (contrôle qualité) sur la base de principes éthiques minima basés sur l’être humain et non le libéralisme économique
Ø Une réflexion sur la responsabilité civile médicale avec par exemple la mise en place de contrat assurance ou mutualisation.

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