Le coaching actuellement en France

25657058_sEncore un livre sur le coaching me direz-vous. Tant il est vrai que le coaching s’est développé extrêmement rapidement ces dernières années et ceci pour trois raisons : d’abord par mimétisme : l’activité de coach est née aux Etats Unis vers les années 50 dans la mouvance de la psychologie humaniste puis a été importée vers les années 80-90 en France bien que sur un autre terreau comme nous le verrons. La seconde raison du développement en France est l’arrivée à la retraite des « papys boomers » qui après des carrières bien remplies hésitent à raccrocher pour des raisons sociales et donc deviennent coachs. La troisième raison expliquant le développement du coaching est la crise économique car la profession n’étant pas réglementée, tout le monde peut se déclarer coach.

Courants anglo-saxons
Mais le coaching pratiqué en France n’est pas le même que celui existant aux Etats Unis. En effet le contexte n’est pas le même bien que les deux approches, américaines et françaises, se réfèrent aux mêmes sources. En effet, depuis les années 50, avec l’école de Palo Alto, Il devient alors important de considérer l’homme dans son écosystème et de ne pas sous-estimer l’importance de la communication interpersonnelle. Mais alors qu’aux Etats Unis, l’accent était mis sur le développement personnel et l’atteinte d’un objectif comme avec le coaching sportif, en France, c’est l’aspect thérapeutique que l’a emporté ; il s’agit surtout de soigner ou atténuer une souffrance. Cette différence d’approche s’explique par des raisons historiques. C’est en effet en Europe que se sont développées les approches psychanalytiques développés par des psychiatres tels que Freud, Jung, Lacan, approches encore très présentes dans le coaching en France qui prend souvent la forme d’un accompagnement psychologique pour atténuer une souffrance, probablement sous l’influence d’une histoire judéo-chrétienne.
Mais si leur utilisation diffère les outils utilisés restent les mêmes. Pour n’en citer que les plus courants : La pyramide de Maslow reste une référence bien que pour la plupart datant des années 50, l’ analyse transactionnelle d’Eric Berne, médecin psychiatre américain (1967) , la programmation neurolinguistique de Richard Bandler, psychologue et John Grinder, linguiste, tous deux américains (1975), les processus de deuil, utilisé en France ou de façon plus positive et plus récente la théorie U d’Otto Scharmer, utilisée aux Etats Unis, le triangle de Karpman, élève d’Eric Berne (1968), le « Process Communication Management » de Taibi Kahler, psychologue américain (1974), la théorie des champs de conscience de Gaston Berger, philosophe français (1941), la théorie des préférences cérébrale d’Hermann , directeur de la Général Electrique aux Etats Unis (1992), l’approche systémique fondé par Karl Ludwig von Bertalanffy (1934) auxquelles se rajoutent diverses théories basées sur les émotions, les personnalités, l’intelligence, les neurosciences la plupart de ces théories n’ayant fait l’objet d’aucune validation scientifique.
Il est intéressant de remarquer que l’ensemble de ces théories ont au moins plus de 40 années d’existence et bien qu’elles se basent sur des hypothèses complètement réfutées maintenant par les récentes découvertes scientifiques comme par exemple les hypothèses d’Hermann sur le cerveau, elles continuent à être utilisées comme référence par les coachs en France. A noter également la pauvreté de la recherche en France dans le domaine de l’accompagnement des personnes et des organisations.
Théories psychanalytiques européennes
Lorsque le coaching est arrivé en France, il s’est imprégné des théories psychanalytiques existantes et dont les théoriciens étaient Freud, Jung, Adler Berger et pour le coaching existentiel, Frankl.
Si Sigmund Freud, médecin neurologue, (1856-1939) a démontré l’importance et la force de l’inconscient, Carl-Gustav Jung, médecin psychiatre (1875-1961) qui établit l’existence de « l’inconscient collectif » où sont inscrites toutes les représentations, croyances, peurs et blessures des peuples.
Un troisième psychologue a apporté sa pierre à l’édifice du coaching. Il s’agit d’Alfred Adler, médecin psychothérapeute (1870-1937) qui développe une théorie du fonctionnement psychique autour de la notion de « complexe d’infériorité ».
D’autres théories se sont rajoutées telles que celles du philosophe Gaston berger, philosophe français (1896-1960) : Nous avons accès à l’état de veille à un certain nombre d’informations issues de notre expérience, de nos apprentissages, et qui nous sont immédiatement accessibles. En cas de stress, nous rétrécissions l’accès aux informations. Dans un état de conscience modifié, pendant notre sommeil, en méditation, dans un état de profond bien-être, nous avons accès à des informations non-immédiatement accessibles, issues de notre mémoire.
Quant au coaching existentiel il est né des théories de Viktor Frankl (1905-1997) ou la « troisième école viennoise ». Autrichien, juif, rescapé des camps nazis, a développé une théorie encore peu connue en France, Selon lui, la quête de l’homme est avant tout celle du sens. « De plus en plus de personnes se plaignent d’un sentiment de vide et de non-sens, qui, selon moi, peut être attribué à deux facteurs: ni les instincts, ni les traditions n’indiquent à l’être humain ce qu’il devrait faire. Le plus souvent il ne le sait même plus fondamentalement. Aussi, faute de savoir à quoi il aspire, il en vient à désirer de faire ce que les autres font (conformisme) ou ce que les autres veulent qu’ils fassent (totalitarisme). Or pour moi la vie recèle un sens pour chacun et elle conserve ce sens, littéralement, jusqu’à notre dernier souffle. »
Même dans une situation contrainte et sans issue autre que la mort, l’individu est amené à fonder un sens par l’attitude qu’il décide d’adopter face à cette situation. Pour Frankl, il existe trois voies principales pour que chaque être humain puisse progresser dans sa recherche de sens: (i) ce qu’il donne au monde en termes de création (s) ; (ii) ce qu’il prend du monde en termes d’expériences et de rencontres ; (iii) l’attitude qu’il adopte en face d’une situation difficile, au cas où il doit affronter un destin qu’il ne peut changer. Il reste toujours libre de l’attitude qu’il adopte, pour lui.

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