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Leadership au féminin

25295591_sLe leadership au féminin existe-t-il ? Et si oui, quelle serait ses caractéristiques ?
Avant de répondre à ces questions, étudions les définitions : le leadership est l’art de mener des individus, des êtres humains, collectivement ou individuellement, vers un but donné, ce but pouvant être matériel ou spirituel, positif ou négatif. Or ces individus n’agiront vers ce but que s’ils y sont contraints ou convaincus de son bien-fondé car les leviers du leadership sont soit la force, soit la persuasion. Dans le premier cas, beaucoup de l’énergie sera dépensée pour atteindre le but tout en essayant de sortir de la contrainte ; dans le second, l’efficacité sera garantie sauf évènements extérieurs contraires. Tout est question de circonstances mais la peur ou la confiance sont les deux outils du leadership.
Or si la force relève de qualités dites masculines, la persuasion relève de celles attribuées aux femmes. Jusque-là tout est simple, trop simple ; mais les choses se compliquent lorsque l’on s’intéresse à la psychologie comportementale et à l’identité. Qu’est-ce qu’un homme ou être une femme ? Cela peut-il se limiter à une apparence physique ? Et l’apparence physique impose-t-elle l’adoption, même inconsciemment, de certains comportements ?
Je ne le pense pas. Les choses sont plus complexes qu’il n’y parait et un leader, homme ou femme, ne parviendra à diriger ses équipes que s’il a conscience des qualités qu’il possède, ou non, dans un environnement donné. Et avoir telles ou telles qualités, masculines ou féminines, n’est pas lié à un sexe malgré les stéréotypes enseignées qui ont gâchés bien des vies mais qu’heureusement siècle dernier a commencé à mettre à mal. Mais ceux-ci ont la vie dure et beaucoup de gens y croient encore par facilité, peur ou refus de remettre en cause l’éducation reçue. Tout comme on oppose un cerveau droit, émotionnel, à un cerveau gauche, rationnel, on oppose comportements masculins et féminins, oubliant que tout est dans tout. On oublie simplement que dualité signifie complémentarité et non opposition et que nous sommes tous porteurs de traits dits masculins ou féminins, et ce quel que soit l’apparence physique (voir travaux de Carl. G. Jung).
Toutefois, d’après les stéréotypes, une femme serait douce, conciliante, émotive et gare à celle s’éloignerait de ce cliché. Or je doute que ce soient les qualitatifs qui viennent à l’esprit quand vous évoquez des leaders féminins comme mesdames Thatcher, Clinton ou Merkel. Et je vois de plus en plus dans mon entourage des hommes assumer les qualités féminines qui composent leurs personnalités, prenant en charge par exemple des enfants de façon aussi attentionnée sinon plus que certaines mères.
Alors peut-on parler de leadership au féminin ? Je ne sais pas mais ce qui m’a frappé chez toutes ces femmes leaders que j’ai pu côtoyer, chefs d’entreprise, médecins, politiciennes….c’est qu’elles partageaient la même caractéristique à savoir la rigueur, rigueur envers elle-même, rigueur envers les autres. Or si la rigueur est une force, c’est-à-dire une qualité masculine, elle ne signifie pas violence ou virilité amis plutôt structure ou contenant. Ces femmes leader savaient poser un cadre structurant dans lequel les équipes, voire les peuples, peuvent agir ou s’organiser vers un but donné. Elles étaient des femmes-matrices.
La rigueur serait donc une qualité féminine ? Pas forcément, je crois que tous la partagent à des degrés divers mais elle est essentielle pour établir cette confiance dont je parlais plus haut.
La rigueur est nécessaire aussi bien au leadership basé sur la force que celui basé sur la persuasion. Mais dans un environnement où l’usage de la force devient inutile, la rigueur devient une qualité qui demande du courage pour être assumée. En effet, dans ce contexte, la facilité pour le leader serait de troquer la rigueur pour le compromis, la séduction, d’utiliser des valeurs dites féminines plutôt que des valeurs « masculines » car le contexte n’est pas menaçant. Or ces femmes leader ne commettent pas cette erreur politique, au contraire, elles apparaissent en général comme plus rigoureuse, plus franche que leurs homologues masculins.
Alors peut-on parler de leadership au féminin ? Je ne le pense pas. Les qualités de leader ne sont pas liées à une identité physique même si l’expression de ces qualités peut être influencée par cette identité car il est en effet souvent plus simple d’agir conformément à ce que l’environnement attend de nous. Le leadership ne s’apprend pas ; cette posture résulte d’un ensemble de prédispositions mêlant intérêt pour l’autre (plus que pour soi), goût du risque (plutôt que de la sécurité), sens du collectif, endurance et volonté, prédisposition pour la solitude afin de se ressourcer et se « reconnecter » à soi-même, intuition pour « sentir l’air du temps » et rigueur (pour soi et les autres). Ce cocktail ne relève pas spécifiquement de qualités féminines ou masculines mais de l’essence même de la personne et de son évolution. Tout le monde, homme ou femme, ne peut pas être leader et c’est tant mieux car le monde serait probablement invivable.

21 juin 2015

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