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Pensée critique et connaissance de soi

Nous vivons une étrange période pendant laquelle beaucoup de choses émergent : le meilleur comme le pire. Et les crises sont parfois salutaires même si elles provoquent souffrance et désarroi. Elles incitent au questionnement et aux remises en question. Elles jalonnent l’histoire de l’humanité et rythment son évolution.

Mais les crises successives ne se produisent jamais au même niveau d’évolution. La crise actuelle ou plutôt les crises actuelles, sanitaires, économiques, politiques sont apparues dans un contexte d’interconnexion jamais connu auparavant. Avec Internet et l’explosion des réseaux sociaux, l’information circule, rendant la société civile plus consciente mais aussi plus critique. Les dictateurs politiques ne s’y sont pas trompés. Si vous contrôlez la circulation de l’information, vous contrôlez l’esprit des populations. Même dans les soi-disant « démocraties » occidentales, seules trois agences de presse relaient les dépêches, Reuters et AFP. C’est peu. Masi l’information ressemble à l’eau. Elle s’infiltre par le moindre orifice et finit par s’écouler.

En attendant, des scissions se créent entre ce qui croient les informations officielles et ceux qui doutent, ceux qui ne veulent pas avoir de position critique par peur ou simplement confort personnel et ceux qui se révoltent devant des libertés qui diminuent au fil du temps sous prétexte d’une sécurité illusoire car finalement nous mourrons tous un jour.

Je ne rentrerai pas dans le débat de qui a tort, qui a raison. I s’agit d’une question relevant de la conscience personnelle et de son éveil. J’évoquerai surtout l’importance de l’exercice de la pensée critique et celle de l’expression personnelle.

La pensée critique s’apprend et je prendrai un exemple. Je ressens de la colère et de l’agacement devant le discours télévisé de certaines personnalités politiques. Deux possibilités alors s’offrent à moi. Soit j’éteins la télévision en les traitant de tous les ‘noms d’oiseau’ (j’entretiens ma colère), soit j’éteins la télévision et je passe à autre chose (j’enterre ma colère jusqu’à la prochaine fois et je ne fais rien : apathie), soit j’éteins la télévision et je me demande ce qui déclenche cette colère et cet agacement de la part de quelqu’un que je ne connais pas (j’exerce ma pensée critique) ; Dans le troisième cas, je me pose la question du sens que cela a pour moi, à quoi cela me renvoie, quelles valeurs personnelles ne sont pas respectées par cet individu ou plutôt ce qu’il représente (mais que représente-t-il ?) , son discours (que je n’ai pas écouté), son style , les moyens utilisés …..

Cela amène à voir qu’au-delà de l’individu, sympathique ou non mais cela est sans importance, il y a autre chose, notamment sur le plan politique un conflit entre les valeurs sociétales qu’il représenté ou mes propres valeurs. Et naturellement amène à se poser la question : qu’est-ce que je fais avec cette colère, sachant que la colère est pure énergie, un feu qui si elle ne s’extériorise pas, peut vous bruler ? Donc quelle action prendre ?

Chacun amènera sa propre réponse en fonction de qui elle/il est. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses ; il n’y a que des réponses individuelles et intelligentes (ou non), c’est-à-dire s’appuyant sur la prise de recul par rapport à une émotion et une analyse critique les raisons qui ont déclenché l’émotion pour agir et parler, ce qui est une des formes d’action, en toute connaissance de cause.

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