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Présentation livre Maurice Nguepé

La Toute-Puissance de la Conscience

Maurice NgueppeMaurice NGuepé : La Toute-Puissance de la Conscience

Maurice NGuepé est germaniste, anthropologue et enseignant de profession. Dans son livre, La Toute-Puissance de la Conscience, il démontre scientifiquement que les productions du psychisme humain sont l’œuvre de la seule et unique conscience. Il remet donc en cause le principe de l’inconscient tel que l’avait imaginé Freud et son école.

Le postulat de l’inexistence de l’inconscient psychique avait déjà été remis en cause avant lui par Sartre dans son livre ‘’L’être et le néant’’. Pour Sartre, l’homme est libre et conscient de son existence. Mais l’auteur va plus loin et remet en cause la notion même d’inconscience.

Il a commencé à élaborer sa théorie à partir de l’étude des rêves, notamment des rêves prémonitoires. Cela l’a conduit à élaborer le concept de conscience tridimensionnelle. Le rêve n’est pas la reproduction d’un désir refoulé mais, essentiellement, le résultat d’une suite d’événements, résultat élaboré par la conscience transcendantale à partir d’informations reçues ou d’expériences vécues préalablement par la conscience analytique, puis traitées et synthétisées sous forme de lois par la conscience synthétique. Il s’agit là d’un ensemble de catégories qui constituent l’ossature d’une nouvelle science : la psychologie tridimensionnelle.

Qu’est-ce que la psychologie tridimensionnelle ?

Maurice NGuepé conçoit que la formation des facultés de la conscience est tributaire des modes de perception de l’espace (l’environnement) qui s’offre à l’homme en trois dimensions, à savoir la verticalité, l’horizontalité et la profondeur. En effet, lorsque le sujet observe un objet, son regard est unidimensionnel, puisqu’il se pose sur un point de l’objet. L’unidimensionnalité de la perception a pour effet de dégager un jugement analytique, c’est- à-dire un jugement de reconnaissance qui donne de l’objet la seule définition de ce qu’il est. Ce jugement est l’œuvre de la faculté analytique de la conscience.  Par la suite, le regard du sujet se pose sur deux ou plusieurs points de l’objet pour le saisir dans la totalité de sa surface. En promenant son regard sur deux ou plusieurs points de la surface plane de l’objet (horizontalement et verticalement), son regard devient bidimensionnel, ce qui a pour effet de rendre opérationnelle la faculté synthétique de la conscience. Celle-ci a pour fonction d’utiliser deux ou plusieurs données observées pour élaborer les règles d’existence de l’objet. L’élaboration de ces règles par la conscience synthétique a pour effet, à son tour, de doter la conscience d’une nouvelle faculté : la faculté transcendantale dont la fonction est de poser un regard en profondeur pour reconstruire symboliquement le résultat de la chaine des événements observés par la conscience analytique et synthétisés par la conscience synthétique. Les formes de cette reconstruction sont : le rêve, les actes manqués, les lapsus et l’intuition.

Ainsi, en s’offrant à l’expérience de l’homme, les trois dimensions de l’espace (verticalité, horizontalité et profondeur) ont rendu possible trois modes de perception (unidimensionnalité, bidimensionnalité et tridimensionnalité) qui ont favorisé, au cours de l’évolution, l’émergence des trois facultés de la conscience (analytique, synthétique et transcendantale).

Maurice NGuepé n’observe pas le phénomène de tridimensionnalité seulement dans l’espace ; il le perçoit aussi à l’échelle du temps : le passé, le présent et le futur. Il observe surtout que « l’existence humaine ne se déroule pas nécessairement dans le présent, mais continuellement dans le futur. » Le présent permet un regard unidimensionnel et un jugement analytique. Mais quand il se déplace et passe dans le passé, un nouveau présent voit le jour, ce qui produit deux points temporels (passé-présent) et, logiquement, favorise l’émergence de la faculté synthétique de la conscience dont la fonction est de les synthétiser pour en produire des lois (les règles du calcul du temps). Les lois temporelles élaborées par la conscience synthétique ont, à leur tour, pour effet de favoriser l’émergence de la faculté transcendantale qui reconstruit alors symboliquement et tridimensionnellement le futur des événements du passé et du présent, c’est-à-dire leur résultat, sous la forme des phénomènes intuitifs. En différenciant le temps relatif, avec ses trois dimensions, du temps absolu, qui englobe toutes ces dimensions, l’auteur consacre toute une partie de son livre à l’intuition qu’il définit comme «la révélation a priori, par la conscience transcendantale, d’une réalité censée s’offrir a posteriori à la conscience analytique. » Grâce à l’intuition, l’homme évolue en anticipant, c’est-à-dire en essayant de dompter la dimension temps qui n’est pas à sa portée (le futur) et ainsi maîtriser le temps dans la totalité de sa tridimensionnalité (passé, présent, futur).

La conscience possède donc trois facultés : analytique, synthétique et transcendantale.

Pour mieux présenter le fonctionnement de cette conscience tridimensionnelle, l’auteur décrit les mécanismes de formation des rêves prémonitoires, non prémonitoires et lucides, des lapsus et des actes manqués qui, tous, ne sont pas des produits de l’inconscient, mais bien des modèles de symboles que la conscience transcendantale reconstruit à partir des lois formulées par la conscience synthétique. Le processus est donc le suivant : Tout d’abord, la faculté analytique de la conscience observe, uni-dimensionnellement, les événements du quotidien. Ensuite, elle se met en veille et cède la place à la faculté synthétique qui élabore des règles en synthétisant les données empiriques observés par la faculté analytique. Enfin, la faculté synthétique se met elle aussi en veille et cède la place à la faculté transcendantale. Celle-ci reconstruit alors un monde de représentations symboliques (rêves, actes manqués, lapsus) à partir des règles élaborées par la conscience synthétique.

Le rêve et la conscience transcendantale

Ici précisément, ce que Maurice NGuepé appelle « mise en veille » représente ce qui, dans l’imagerie populaire est appelé « sommeil ». La notion de « mise en veille » sied à la psychologie tridimensionnelle dans la mesure où elle représente un état pendant lequel le fonctionnement d’un objet (ici, la conscience) n’est pas totalement arrêté. Et, associant la terminologie populaire aux concepts de la nouvelle science, l’auteur distingue deux catégories de sommeil qui rythment le passage d’une faculté de la conscience à l’autre :

1. le sommeil analytique qui est l’état de mise en veille de la conscience analytique, et dont la fonction est de favoriser le passage de la conscience analytique à la conscience synthétique. Il se produit à l’état d’éveil ;

2. Le sommeil synthétique qui est l’état de mise en veille de la conscience synthétique, et dont la fonction est de favoriser le passage de la conscience synthétique à la conscience transcendantale. Il se produit à l’éveil ou quand on dort. Quand il se produit à l’éveil, la conscience transcendantale produit des phénomènes tels que les lapsus, les actes manqués, les intuitions et l’hypnose. Quand il se produit quand on dort, la conscience transcendantale construit les rêves.

L’auteur nous explique alors que le rêve est la porte intérieure d’entrée dans la conscience transcendantale tandis que l’hypnose en est la porte extérieure d’accès. L’hypnose n’est pas un moyen d’accès à l’inconscient, qui n’existe pas, mais à la conscience transcendantale ou à la réalité des lois intériorisées par la conscience synthétique.

De plus, l’auteur nous révèle le rôle des émotions et de la volonté dans le déploiement des facultés de la conscience. L’émotion est considérée comme une énergie qui permet d’aller au cœur des faits pour en saisir les règles de leur existence. La volonté est également présente, à la fois au niveau de la conscience analytique (le présent ou le passé) et de la conscience synthétique (le présent et le passé). La conscience transcendantale est, quant à elle, autonome, mais se nourrit aussi bien de la volonté antérieurement exprimée que la volonté immédiate.

La conscience transcendantale

De cette description nouvelle des modes de fonctionnement de la conscience et des processus de production des phénomènes psychiques, Maurice NGuepé pose de nouvelles hypothèses sur maladies mentales telles que la maladie d’Alzheimer et l’autisme, ouvrant de ce fait des perspectives sur le plan clinique. Il présente alors la maladie d’Alzheimer comme le résultat de la défaillance de la faculté synthétique de la conscience (en raison de la difficulté, pour les sujets atteints, à poser des jugements de synthèse de données), et l’autisme comme la conséquence de la défaillance de la faculté analytique (en raison de la difficulté, pour les sujets atteints, à poser de simples jugements de reconnaissance).

Par ailleurs, l’auteur pose plusieurs autres questions dont les réponses, toutes aussi inédites, enrichissent le contenu de ce livre : dans les mêmes conditions initiales, les mêmes rêves, actes manqués et lapsus peuvent-ils se produire ? Pourquoi ne rêvons-nous pas toujours alors que les expériences et les émotions s’accumulent ? Comment le rêve se produit-il non seulement en trois, mais en quatre dimensions ? Quelle est la nature du principe de causalité (cause antérieure ayant un effet postérieur) et dans quelle mesure peut-on parler du principe de causalité inversée (cause postérieure ayant un effet antérieur) ?

Avec de nombreux exemples de rêves, d’actes manqués et de lapsus, Maurice NGuepé remet donc en cause le principe de l’inconscience en tant que faculté de l’esprit, « puisqu’un inconscient est, du fait qu’il est effectivement inconscient, incapable de les produire. »

Selon lui, le concept d’inconscient part d’une démarche simpliste qui n’a rien expliqué, ni l’intuition, ni la prémonition, ni le véritable but des productions du psychisme. Il dévalorise de pouvoir de la conscience et son aptitude à s’élever vers la transcendance pour construire un monde symbolique. Cette dévalorisation vient de ce que, pour la psychanalyse classique, toutes les productions du psychisme qui échappent au pouvoir de la volonté relèvent de l’inconscient. Or, pour la psychologie tridimensionnelle, la distinction doit être faite entre la volonté immédiate et une volonté antérieurement exprimée sous plusieurs formes et déterminant le rêve et toutes les autres productions du psychisme. A ce propos, Maurice NGuepé écrit : « Même si on ne peut pas faire un rêve parce que l’on le veut à l’instant précis, on le fait toujours pour l’avoir voulu un jour, c’est-à-dire pour avoir un jour exprimé un besoin, un désir ou la volonté d’aspirer vers un quelconque idéal. L’antériorité absolue de la volonté est donc une évidence. »

De là, on peut comprendre le sens du titre donné à ce livre – La Toute-Puissance de la Conscience, qui révèle que «la conscience est autonome et affirme sa propre liberté par la construction de représentations symboliques, et ce par-delà la volonté (immédiate) clairement exprimée du sujet à un moment précis ». Les deux théories s’opposent donc, surtout en ce qui a trait au but qu’elles poursuivent. Celui de la psychanalyse classique est de soigner, celui de la psychologie tridimensionnelle de comprendre et d’aider l’Homme à évoluer, à s’affranchir. Celui-ci redevient libre, puisqu’il n’est plus un jouet entre les mains de ses pulsions prétendument refoulées.

Pour finir, l’auteur indique les sources historiques, anthropologiques et philosophiques de la psychologie tridimensionnelle. Il conclut par ces termes. « Maintenant que l’homme sait d’où il vient et comment il est parvenu au stade de la connaissance, maintenant qu’il est conscient de ce savoir, de la force de sa volonté et de la toute-puissance de sa conscience, il ne lui reste qu’à aller à la recherche des facultés transcendantales pour arracher sa liberté des mains des forces politiques ou religieuses et institutionnelles néfastes, et se construire un nouveau destin. »

Je vous invite donc à lire ce livre novateur.

20 avril 2017

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