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Chapitre 1 Penser à la conscience

Peut-être que la meilleure façon de commencer à penser à la conscience est tout simplement de commencer à réfléchir à notre propre conscience. Essayez l’activité suivante.

Activité : Prenez quelques minutes (pas plus de 10) pour écrire ce que vous décrirez comme une expérience consciente à ce moment précis.

Il est possible que vous trouviez cet exercice difficile. Malgré le fait d’être familier avec la notion de conscience, cela n’est pas facile de la décrire avec des mots. Toutefois, vous avez probablement porté votre attention sur les objets autour de vous. Je l’ai fait aussi. En ce moment, je suis consciente des objets autour de moi, du bruit de mon ordinateur, du dossier de la chaise qui me soutient sans être vraiment confortable. Je suis aussi consciente de vouloir écrire ce chapitre, des objets posés sur mon bureau. Peut-être avez-vous eu le même genre d’expérience.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, en exécutant et en réfléchissant à cet exercice, vous avez déjà établi les fondations d’une bonne compréhension de la conscience. D’abord, avez-vous remarqué quelque chose d’étrange en faisant cet exercice ? J’ai essayé de formuler ce dont j’étais conscience, mais alors que je la formulais, cette expérience consciente faisait déjà partie du passé. Ce que j’étais en train d’écrire ressemblait plus au souvenir d’une expérience consciente plutôt qu’une expérience consciente elle-même. Cette relation avec la mémoire présente un curieux contraste avec le présent et le passé et la conscience paraît être fortement liée à notre conscientisation d’être ici et maintenant, dans notre environnement physique et temporel. Bien sûr nous pourrions répondre que l’impression qu’il y a un ici et maintenant n’existe que parce que nous en sommes conscients. Pourtant l’ici et maintenant semble aussi échapper à nos efforts de réflexion consciente, de formulation ou de communication de nos expériences. Au lieu de cela nous devons nous appuyer sur la mémoire de nos expériences conscientes. En d’autres termes, notre description dépend de notre capacité à emmagasiner des informations disponibles de façon consciente, et donc disponibles pour un traitement ultérieur.

Durant cet exercice, votre attention s’est probablement portée sur des choses dont vous êtes conscients bien que vous ne les ayez pas mentionnées. Je peux décrire quelques-uns des objets dans mon environnement immédiat et certaines de leurs propriétés (le bureau est par exemple en bois clair). En fait, je ne décris pas réellement la conscience mais les choses dont je suis consciente. Je m’intéresse aux contenus de la conscience mais pas au processus de conscientisation. Pour mieux comprendre, prenez cette analogie. Si nous voulons comprendre la perception visuelle, lister toutes les choses que notre perception visuelle nous permet de percevoir ne nous aide pas vraiment. En effet, la comprendre demande la prise en considération des processus et des mécanismes qui permettent aux individus d’avoir les perceptions visuelles qu’ils ont. C’est pareil avec la conscience. Nous voulons comprendre le processus qui donne naissance à une prise de conscience et pas seulement décrire les choses dont nous sommes conscients. Afin que l’étude de la conscience porte sur le processus en jeu, nous devons éviter toute référence aux objets ou à leurs propriétés dont nous avons conscience. Vu sous cet angle, nos comptes rendus verbaux sur les objets et leurs propriétés sont plutôt inutiles. Ainsi il y aurait une contradiction inhérente dans la notion même de conscience. Réfléchir à la conscience nous pousse à penser aux choses dont nous sommes conscients. Pourtant pour comprendre ce qu’est la conscience, il faut expliquer le processus par lequel ces choses arrivent jusqu’à notre conscience. Peut-être maintenant pouvez commencer à percevoir pourquoi la conscience ressemble un peu un morceau de savon !

Un autre problème rencontré peut-être au cours de cet exercice concerne le langage avec lequel nous décrivons la conscience. Y-a-t-il des choses dont vous êtes conscients et que vous n’avez pas décrites ? Par exemple je dirais que j’étais conscient de la distance entre le téléphone et moi-même, et pourtant il ne figure pas dans ma description verbale. Peut-être avez-vous aussi trouvé des choses dont vous êtes conscients et qui ne figurent pas dans vos descriptions. Ceci peut s’expliquer par des questions d’ordre pratique. Le langage ne nous permet facilement la description de scènes dans leur complétude. D’où le proverbe ‘une photo vaut mieux que 10 000 mots’. Et il est ainsi probable que des aspects de votre environnement dont vous êtes conscients ont été omis dans votre description. Toutefois une autre raison est liée à la question controversée des relations entre le langage et les pensées de la pensée. Une hypothèse, particulièrement controversée, proposée par les linguistes Edward Sapir et Benjamin Lee Whorf est que la nature de notre langage détermine le type de pensée que nous pouvons avoir. Pour ces chercheurs, un langage sans mots ou phrases pour décrire certaines couleurs amène l’orateur utilisant ce langage à penser différemment au sujet de cette couleur que des orateurs d’un autre langage disposant de ce mot ou cette phrase. Se pourrait-il alors que les expériences conscientes dépendent de mots ou de phrases que le langage met à notre disposition ? Par exemple le langage aborigène australien Pintupi ne dispose que d’un seul mot ‘Katarta’ qui désigne ‘le trou laissé par un varan après avoir accédé à la surface à la fin de l’hibernation’. Un orateur Pintupi, conscient d’un tel terrier dans son environnement immédiat, pourra plus facilement témoigner de la complexité de cette expérience que ne pourra le faire un natif français. De la même façon, un natif français dont la voiture est tombée en panne, conscient que celle-ci est due au carburateur, pourra plus facilement décrire son expérience que ne le fera un orateur de langage qui ne dispose pas de mots pour carburateur.  Le langage alors déterminerait le type d’expérience consciente vécue par un individu parlant une langue donnée. Se pourrait-il que les ressources linguistiques dont vous disposez pour vos descriptions déterminent vos expériences conscientes ? Peut-être que si vous parliez un langage différent, votre conscience serait aussi différente. Bien que nous n’étudierons pas explicitement cette possibilité, nous y reviendrons brièvement vers la fin de ce chapitre.

Comme vous l’avez noté, ma description de la conscience tourne autour des processus psychologiques comme la vision, l’écoute ou la pensée. Par exemple, j’ai noté que j’entendais le bruit de mon ordinateur. J’étais aussi conscient du fait que je cherchais les mots pour décrire ma conscience, mais ce processus est habituellement considéré comme spécifique à la compréhension et la production du langage. Est-ce que la conscience est-elle plus que l’un de ces processus psychologiques ? Si la conscience est plus que cela, que cela peut-il être ? Essayez d’imaginer une chose dont vous êtes conscients et examinez ce qui cela provoque. Par exemple, j’ai conscience de l’existence d’une plante verte dans mon bureau ce qui me permet d’identifier l’objet, de réfléchir à son sujet, voire de décider de le bouger, et de communiquer à son sujet. Mais pour comprendre l’essence de la conscience, nous devons laisser en dehors de notre description toute référence à d’autres processus psychologiques (vision, perception, audition…) pour s’intéresser au processus de production de la conscience lui-même.

Pour tenter d’expliquer ce processus, étudions quelques exemples de la vie réelle qui nous permettrons de mieux comprendre ce qu’est la conscience et ses différents aspects.

Conscience et  somnambulisme

Le fait de marcher en dormant ou somnambulisme pose un certain nombre de questions sur la nature de la conscience. Si l’état de vigilance ou le sommeil sont pris comme références pour définir des états de conscience ou de non conscience, comment alors considérer le somnambulisme ? Celui-ci impliquerait un certain degré d’automatisme de la part du somnambule qui ne parait avoir aucun contrôle sur son comportement. Pourtant il semble qu’il ait quelque part conscience de son environnement. Le somnambule semble être capable d’interagir avec les objets et les personnes autour de lui. Par exemple dans McBeth de Shakespeare, sa suivante raconte :’ Lady Macbeth se leva de son lit, mit sa robe de chambre, ouvrit son secrétaire, prit du papier, relut ses écrits, puis scella son courrier, et retourna se coucher, et tout cela dans le plus profond des sommeils’ (acte V, scène 1). Observant le somnambulisme de Lady Macbeth, son docteur nota : « ses yeux étaient ouverts » et sa suivante compléta : « oui, mais ses sens étaient fermés ». Et c’est cela qui est intrigant dans le somnambulisme : dans quelle mesure les personnes restent conscientes pendant ces épisodes ?

Je décris ci-dessous le cas de Ken Parkes, un jeune canadien qui commit un crime atroce pendant une période de somnambulisme. Ce cas illustre le fait que le somnambule est capable d’interactions sophistiquées avec son environnement et d’exécuter des séquences complexes de comportement qui normalement demandent d’être conscient (Broughton et al., 1994). Toutefois le somnambulisme fut l’argument essentiel dans la défense de Ken, argument qui reposa entièrement sur la nature de la conscience. Pour quelqu’un qui est accusé de meurtre, l’intention de commettre ce meurtre doit être démontrer. Le système juridique canadien, suppose toutefois que le somnambule est plongé dans un état d’automatisme dans lequel soit il n’a pas conscience, soit il ne contrôle pas son comportement. L’automatisme correspond un manque de volonté de la part du somnambule et donc son comportement, étant involontaire, cela suppose qu’il n’est pas guidé par une intention consciente. Comme la cour d’appel l’a noté : « seuls ceux qui agissent volontairement avec l’intention requise doivent être punis sur le plan criminel ».

Le somnambule assassin

Le cas de Ken Parkes nous provient des minutes de la cour de justice du Canada dans les années 80. Ken Parkes avait alors 23 ans au moment des faits.il était marié et avait une petite fille de cinq mois. Il avait de bonnes relations avec sa mère et son beau-père. Toutefois, Il connaissait des problèmes d’addiction au jeu et souffrait de rythmes de sommeil décalés (habituellement il allait se coucher aux alentours d’une heure et demie à deux heures du matin et dormait profondément pendant quatre à six heures). Il avait détourné des fonds afin de pouvoir payer ses dettes et perdit son travail après avoir été accusé de vol. Ken et sa femme étaient très préoccupés par le stress infligé à leurs beaux-parents (et parents) quand ceux-ci apprendraient la vérité. Vers 1h30 du matin, la veille d’aller rendre visite à ses beaux-parents et de leur expliquer la situation, il s’endormit devant la télévision. Le prochain événement dont Ken se souvint, à son réveil, fut le visage de sa belle-mère. Paniqué, il reprit sa voiture mais à un moment il réalisa qu’il avait un couteau dans sa main et qu’il saignait. Cherchant de l’aide, il alla directement poste de police et déclara : « je pense que j’ai tué quelqu’un ». Ken semblait n’avoir aucun souvenir des événements entre le moment où il s’endormit et le moment où il vit le visage de sa belle-mère. Finalement la police pût reconstituer ce qui s’était passé. Ils comprirent que Ken s’était levé de son fauteuil, avait mis ses chaussures et sa veste, était sorti de la maison, avait conduit pendant les 23 kms qui le séparaient de la maison de ses beaux-parents, avait alors étranglé (mais pas tué) son beau-père, et poignardé et tué sa belle-mère.

Une année plus tard, Ken fut acquitté du meurtre de sa belle-mère, puis de la tentative de meurtre de son beau-père. Son avocat avait argumenté que Ken avait été somnambule pendant tout cet épisode. Malgré de multiples entretiens, le témoignage de Ken, même dans les détails les plus infimes, ne changea jamais. De plus, pour tout son entourage, Ken était sincèrement désespéré par ce qu’il avait fait.

Heureusement pour nous, le somnambulisme implique rarement des actes de violence. Mais le somnambulisme en général, et dans le cas de Ken particulièrement, nous montre la complexité des comportements qui peuvent se produire en l’absence de conscience. L’état d’automatisme associé avec le somnambulisme suppose que la conscience elle-même est associée avec une nécessaire prise de conscience (ou pensée cognitive) et le contrôle volontaire de comportements, eux-mêmes guidés par une intention. En fait le cas de Parkes illustre un débat philosophique important au sujet des zombies que nous reprendrons plus loin dans ce cours.

Le cas de Parkes soulève aussi le problème de la dimension morale de la conscience. Quand nous parlons de conscience et des critères par lequel celle-ci se différencie de la non conscience, nous faisons également référence à ce qui peut être considéré comme moralement responsable. Ainsi les discussions sur la conscience jouent un rôle important dans beaucoup de débats moraux ou éthiques. Par exemple les problèmes d’avortement, le droit des animaux, l’euthanasie, toutes ces questions reposent sur la notion de conscience individuelle. Scruton (2000) avance que parce que les animaux ont une conscience, il serait immoral pour des humains de leur infliger délibérément de la souffrance. Aussi les questions concernant la conscience ne sont pas seulement intéressantes pour le philosophe et le psychologue. Elles sont aussi importantes pour toute la société.

Négligence visuelle ou héminégligence

La négligence visuelle est le plus souvent associée avec des blessures à l’hémisphère droit du cerveau endommageant le lobe pariétal, bien que cela puisse aussi arriver à cause de dégâts au niveau du lobe frontal. Cela a pour conséquence le fait de ne plus percevoir certains aspects de l’environnement, d’où le terme de négligence. Ce phénomène est souvent décrit de façon différente selon les chercheurs.

Marshall et Halligan (1988) par exemple indique le cas d’une femme de 49 ans, nommé PS, dont les négligences visuelles étaient dues à un dommage au lobe pariétal. Parce que ces omissions concernaient seulement un côté de son champ visuel, les dommages se situant au niveau de l’hémisphère droit, on parle de négligence visuelle unilatérale. Marshall et Halligan montraient à PS une série de cartes imagées. Chacune d’elles contenait 2 photos de maisons, l’une au-dessus de l’autre. Parfois les maisons étaient identiques et parfois elles différaient par le fait que l’un des côtés d’une des maisons était en flammes. Les chercheurs demandaient alors à PS de leur dire si les deux maisons étaient identiques ou non et de leur indiquer dans quelle maison elle préférerait vivre. Quand les flammes s’échappaient du côté droit de la maison, TS identifiait correctement les deux photos comme étant soit identiques, soit différentes. Elle indiquait aussi correctement qu’elle préférait vivre dans les maisons qui n’étaient pas en feu. Toutefois quand les flammes sortaient du côté gauche de la maison, les résultats étaient totalement différents. Quand on lui montrait une paire de maisons dont l’une était en flammes et l’autre non, elle les considérait comme étant identiques. Cela peut vous faire penser qu’elle n’avait aucune préférence quant à vivre dans l’une ou l’autre des maisons. TS elle-même pensait que la question sur la préférence était un peu stupide puisque les deux photos étaient identiques. Et pourtant ! Étonnamment et dans presque 80 % des cas, elle indiqua une préférence pour la maison qui n’était pas en flammes : La façon dont PS traitait l’information visuelle était normale, alors que celle-ci ne semblait pas être à la disposition de sa conscience. En d’autres termes, bien que TS ne soit pas consciente des flammes qui surgissaient à gauche de la maison, elle paraissait continuer à percevoir une information qui influençait son jugement quant à ses préférences. Les chercheurs présentèrent une nouvelle fois les maisons avec des flammes sur le côté gauche ; elle répondit de nouveau qu’elles étaient identiques. Lors de l’essai finale, toutefois, elle s’exclama : « ah mon dieu ! c’est en flammes. » Quelque part semble-t-il, une information visuelle pouvait influencer ses préférences mais, excepté lors du dernier essai, cette information n’était pas consciente.

Bisiach et Luzzatti (1978) démontrèrent que ce phénomène n’est pas dû à un problème visuel. Ils collectèrent des données concernant de patients avec des dommages au lobe pariétal droit. Ils demandèrent à leurs patients de s’imaginer sur la Piazza del Duomo à Milan, en face de la cathédrale et de décrire les immeubles sur la place. Les patients avaient tendance à nommer seulement les immeubles situés sur le côté droit de la place. Puisque les patients « imaginaient » la place, leurs comptes rendus pouvaient être difficilement liés un problème visuel, ou à un manque de connaissance des immeubles du côté gauche. Bisiach et Luzzatti demandèrent leurs patients de s’imaginer marcher vers la cathédrale, en face de la place, et de nouveau de décrire les immeubles. Cette fois-ci les patients décrivirent les immeubles qui auraient été à gauche la première fois et bien sûr qui se retrouvaient maintenant à leur droite.

Les deux cas ci-dessus montrent qu’il est possible que l’information puisse être traitée de façon perceptuelle et normale sans toutefois être consciente. Bien que l’information puisse être disponible pour certains traitements, comme les jugements sur les préférences par exemple, elle n’est pas consciente ou plus exactement, elle peut être ignorée par les processus de conscientisation. Bien que cela ne nous dise pas ce qu’est la conscience exactement, cela nous donne des détails sur la relation entre la conscience et la structure du cerveau et ses processus, et cela indique une relation complexe entre la conscience et le traitement de l’information.

À noter toutefois que Bisiach et Rusconi (1990) n’arrivèrent pas à dupliquer les conclusions de Marshall et Halligan lorsqu’ils voulurent les tester sur quatre patients. Farah (1997) suggéra que PS avait peut-être basée ses jugements sur de petites différences sur le côté droit de la photo ou sur un très léger détail perçu sur le côté gauche. Quelle que soit l’interprétation, le cas de PS illustre le phénomène de négligence visuelle même si nous n’avons pas encore d’explication théorique satisfaisante.

Vision aveugle ou implicite

La vison aveugle diffère de la négligence visuelle par le fait que les patients subissent une sorte d’aveuglement sans être aveugle. Cela fut étudié par Weiskrantz et al. (1974). Un patient avec une vision aveugle sera incapable de voir une partie importante de son champ visuel, bien qu’un examen détaillé révèle un accès partiel à l’information présente dans ce champ. Ainsi, ces patients peuvent avoir des mouvements oculaires vers des stimuli qu’ils disent ne pas voir.

Young et De Hann (1993) reprirent les études de Weiskrantz sur un patient prénommé DB. Lors d’une opération chirurgicale destinée à enlever une anomalie dans le lobe occipital droit, une section du cortex visuel fut enlevée. Cela occasionna chez DB avec une zone d’aveuglement (appelé Scotome) dont la taille se réduisit au fil du temps mais qui ne disparut jamais complètement. Les propres comptes rendus du patient signalaient que DB ne pouvait pas voir dans la région du scotome. Il semblait partiellement aveugle. Pourtant une série d’expérimentations conduite par Weiskrantz et son équipe montrât que DB était capable de détecter des informations visuelles présentes dans le champ du scotome. Ils découvrirent d’abord que DB pouvait y détecter des flashes de lumière. Quand ils demandèrent à DB de diriger son regard vers l’endroit où il pensait que ces flashes s’étaient produits, ses résultats furent meilleurs que ceux attendus en cas de simples suppositions. Les résultats furent même meilleurs quand ils demandèrent à DB de désigner le point où il pensait que le flash était apparu. Weiskrantz démontra alors que DB pouvait alors détecter d’autres aspects de stimuli visuels (par exemple, DB détecta l’orientation horizontale ou verticale d’un stimulus). A noter que DB fit toutes ces « suppositions » toujours en insistant sur le fait qu’il était incapable de voir quoi que ce soit dans la région du scotome. En fait, quand on lui demandait s’il pensait qu’il avait réussi, DB répondait : « non, je n’ai pas pu réussir puisque je ne vois rien. » (Weiskrantz, 1986). Ces découvertes ont été confirmées par d’autres chercheurs. Stoerig et Cowey (1989), par exemple, montrèrent que la capacité de reconnaissance des couleurs pouvait être conservée en cas de vision aveugle.

Un certain nombre d’observations peuvent être faites à partir de ces recherches. D’abord bien que les patients atteints de vision aveugle puissent accéder à des informations visuelles sans en avoir conscience, leur capacité à accéder à cette information est largement réduite par rapport à ceux n’ayant pas ce problème. De plus, un patient affligé d’un scotome aura des performances diminuées dans cette région par rapport au champ de vision non affecté. En résumé, bien que ces patients puissent accéder à des informations visuelles sans en avoir conscience, cet accès reste limité.

Deuxièmement, bien que ces patients paraissent accéder à des informations visuelles, en fait ils ne le peuvent pas. Comme le remarqua Tye (1995), ces patients partiellement aveugles ne n’utilisent pas leurs capacités à détecter des informations visuelles dans la zone du scotome spontanément. C’est seulement quand ils sont encouragés à témoigner verbalement ou quand on leur demande d’exécuter certaines tâches, qu’ils montrent qu’ils peuvent accéder à ces informations. De plus, ces patients semblent croire que leurs « suppositions » ne sont que cela : des suppositions.

La négligence visuelle et la vision aveugle nous renseignent sur la façon dont les individus expérimentent le monde et comment l’information qu’ils collectent devient disponible pour d’autres processus psychologiques. Ces phénomènes peuvent aussi nous éclairer sur la nature de la conscience au moins à deux niveaux. D’abord, pour ces patients, certains aspects de leur environnement visuel ne sont pas disponibles pour leur conscience bien que ces informations soient accessibles pour d’autres processus psychologiques. Nous avons ainsi la possibilité de comparer des cas où l’information est à la disposition de la conscience et ceux où elle ne l’est pas. Cela peut nous aider à comprendre les bénéfices d’une information conscientisée. En second lieu, ces deux phénomènes démontrent que notre conscience est liée à l’activité du cerveau. Nous verrons que le cerveau ne peut pas être responsable de la conscience, mais il existe des liens certains entre cerveau et conscience. La négligence visuelle et la vision aveugle nous aident à comprendre quelles régions du cerveau interviennent dans la conscience.

Amnésie post traumatique

Le dernier exemple que je présenterai est un désordre de la mémoire par lequel l’expérience consciente du patient est dramatiquement transformée, parfois en seulement quelques heures. Cela arrive le plus souvent après une blessure à la tête. Antonio Damasio fut un éminent neurologue qui étudia la conscience à partir des patients qui ne pouvaient pas accéder à leur expérience consciente comme un patient nommé DT qui fut blessé lors d’un accident de cheval. DT resta inconscient pendant environ dix minutes. Lorsqu’il se réveilla, il était agité et perdu, bien que la dernière chose dont il se rappelât était des visages le regardant. Son identité lui revenant, il annonça qu’il voulait aller courir, ce qu’il avait l’intention de faire avant sa chute. Finalement, une fois dans l’ambulance, son sens du Moi revint tout à fait. D’après Damasio, DT est passé par divers états de conscience : un niveau de non conscience et d’automatisme, une forme de conscience dans laquelle la perception consciente de l’environnement est revenue mais pas le sens du Moi et finalement la pleine conscience.

Ces exemples montrent que la conscience peut être étudiées à différents degrés. Il n’y a pas une simple opposition entre 2 états : conscience et non- conscience. Il semble plutôt qu’il y ait différents types de conscience, qualitativement distincts et ayant différents degrés sur un spectre allant de la pleine conscience à la pleine non-conscience.

Notez que j’utilise délibérément le terme non-conscience par opposition au terme inconscient évoqué par Sigmund Freud. En effet les vues de Freud sur l’inconscient diffèrent de la non conscience étudiée par les chercheurs contemporains. Pour Freud l’inconscient fournit les motivations de nos comportements. Or, la notion d’états ou de processus non conscients tels qu’évoqués ici, ou par toute perspective humaniste, ne jouent pas de rôle motivationnel ou psychodynamique. Au contraire, ils supposent être informationnels par nature et inaccessibles à la conscience. C’est pourquoi les travaux de Freud ne sont pas étudiés ici. Je parlerai donc de non-conscience et non d’inconscient, ce dernier concept étant remis de plus en plus en question.

Parler de la conscience

Activité

Prenez quelques minutes pour relire ce chapitre et lister tous les différents mots utilisés pour parler de conscience, tels que perception, prise de conscience…. Quelles implications cela peut-il avoir sur l’étude de la conscience ?

J’ai utilisé différents exemples pour décrire la conscience et ses degrés. J’ai surtout fait une différence entre conscience et non-conscience. J’ai aussi parlé de conscience cognitive ou de prise de conscience, d’intentions, de contrôle volontaire de comportements, de ressentis, d’expériences, de sens du Moi, soulevant des questions sur la conscience de soi ou la prise de conscience de soi. Vous avez peut-être aussi d’autres façons de parler de la conscience.

Cela n’est pas surprenant de trouver autant de façons différentes pour parler de la conscience. Après tout, mon intention était de comprendre ce concept avant d’en exposer les diverses théories. A ce niveau « préthéorique », nous n’avons pas encore affiner la terminologie. Et il y a deux difficultés liées à ce foisonnement de vocabulaire et que nous devons garder à l’esprit. D’abord le fait d’utiliser différents mots impliquent qu’il y ait différentes réalités. Un mot n’est en effet jamais neutre, ni totalement équivalent à un autre mot. Ensuite le même mot peut être utilisé pour décrire une constellation de phénomènes. C’est particulièrement le cas avec le mot ‘conscience’.  En effet j’ai utilisé ce mot comme référence à quelque chose qui est impliqué dans un ressenti ou une expérience globale mais aussi qui est lié à des états comme le somnambulisme. Bien sûr il est possible que ce qui est impliqué dans chacune des situations soit totalement différent et cette possibilité est devenue actuellement un axe de recherche sur la conscience. Certains chercheurs avancent que nous devons interpréter les théories sur la conscience avec prudence compte tenu des difficultés de terminologie et de vocabulaire. Leur principal argument est de constater que ces théories sont presque toujours partielles, bien qu’elles puissent répondre à quelques-uns des phénomènes associés à la conscience. Mais elles ne peuvent pas répondre à toutes les observations. En fait, une théorie de la conscience n’est, après examen, qu’une théorie de certains aspects de la conscience.

Il est donc important de garder à l’esprit que des difficultés peuvent survenir quand il n’y a pas d’accord sur la terminologie ou le vocabulaire.

La conscience: Rappel historique

Remontons à René Descartes et particulièrement à sa croyance que le corps (dont le cerveau) et l’esprit étaient deux entités séparées. Bien que la plupart des philosophes et des psychologues rejettent maintenant ce dualisme, la question de savoir comment l’esprit et les pensées sont reliés au corps n’a pas été résolue de façon satisfaisante ; En fait, la relation corps-esprit est particulièrement intéressante quand il s’agit de la conscience : comment quelque chose d’aussi peu physique qu’un sentiment ou une pensée peut –il être produit par quelque chose d’aussi physique que le cerveau ?

Descartes adopta ce qui devint la méthode du doute pour comprendre l’essence même de l’être. La méthode consiste à rejeter comme faisant partie de l’essence de l’individu tous les aspects d’une expérience dont la réalité peut être mise en doute. Par exemple, en ce me moment, je tape ce texte et je regarde l’écran de mon ordinateur. Bien que je n’aie aucun doute sur la réalité de mes perceptions, il est concevable, bien que peu probable, que je sois sur une plage aux Bahamas. Et parce que je peux imaginer de façon cohérente un état alternatif, mon expérience peut être mise en doute car il est possible que je sois en train de vivre une illusion perceptuelle très complexe. Par cette méthode, Descartes conclut que ses sens et même l’existence de son corps pouvaient être mis en doute. Toutefois, Descartes ne fut pas capable de douter de ses propres pensées. Il pensait qu’il n’était pas possible qu’il ne pût penser qu’il n’était pas en train de penser. Il conclut alors que son essence était d’être un penseur, une conclusion qui donna lieu à la célèbre phrase : ‘je pense, donc je suis’. Les racines du problème contemporain de la conscience se situe dans cette conclusion. Si l’essence d’une personne est de penser, alors il est concevable que l’esprit existe indépendamment du cerveau. Quel que soit l’esprit, il semble que sa base physique soit immatérielle. Pour Descartes, les pensées ne dépendent pas du fait qu’il y ait un cerveau.

Descartes ne s’appuie pas sur des données empiriques pour régler la question de la relation esprit-corps. Il a une approche souvent adoptée par les
philosophes qui consiste à étudier nos conceptualisations, en examinant leurs
implications et leur cohérence avec d’autres croyances. Cette méthode est un complément utile aux méthodes empiriques des psychologues :  En examinant en détail la façon dont nous conceptualisons une entité ou un processus, nous pouvons constater que
nos façons de penser sont pauvres ou même incohérentes, ou obtenir des résultats qui n’auraient jamais pu être établis en partant uniquement de la collecte de données empiriques. Par la méthode du doute, Descartes pose le problème de savoir si notre conceptualisation de l’esprit a besoin que les pensées soient incarnées dans un corps. De telles analyses philosophiques peuvent nécessiter des chercheurs plus de travaux théoriques afin de compléter leurs explications. Si une théorie psychologique implique que des pensées ont besoins de corps pour exister, par exemple, les conclusions de Descartes suggéreraient que sa théorie et ses explications sont au mieux incomplètes.

La conclusion de Descartes est problématique si on considère les hypothèses conventionnelles de la science : Une de ces hypothèses est que l’univers et tout ce qui le compose est physique. Au mieux, Il est fait d’espace, d’énergie et de matière. Nous sommes aussi composés de matière : bien que l’organisation soit complexe, nous sommes composés de molécules et d’atomes. Une autre hypothèse est que l’univers physique, et tous les objets physiques le composant, peut être compris en termes purement physiques. D’après cette hypothèse, des phénomènes complexes comme la conscience pourrait être réduit, ou tout au moins expliqué, par des phénomènes purement physiques, comme par exemple être dans un certain état cérébral (cela renvoie au réductionnisme de Crick, 1994).

Ces hypothèses s’opposent aux conclusions de Descartes. Une approche du mystère de la conscience serait alors d’essayer de respecter à la fois les vues de Descartes sur le fait que l’esprit transcende la matière et les hypothèses conventionnelles d’après lesquelles toutes choses dans l’univers sont d’ordre physique. Supposez que vous preniez le parti de Descartes, vous méfiant de toutes vues scientifiques. Qu’est-ce que cela voudrait dire que l’esprit ou la conscience n’est pas composé de matière ? Certainement, des sciences comme la chimie ou la physique n’aurait pas alors à s’occuper d’expliquer l’esprit ou la pensée. Mais qu’est-ce qu’un esprit non physique pourrait être ? Cela semble impossible à dire. Peut-être parce que notre compréhension du monde est trop ancrée dans la compréhension de la matière physique. Une fois que nous avons dit que les esprits ne sont pas faits de matière, que pouvons-nous ajouter plus ?

Par ailleurs, si nous adoptons l’hypothèse que l’univers est physique par nature et peut seulement être compris en termes purement physiques, un autre problème apparaît. Si les gens peuvent être compris en termes purement physiques, alors l’intérêt de la psychologie disparaîtrait. Au lieu de dire que quelqu’un est en train de penser au fait de rentrer chez lui, par exemple, nous devrions alors dire que son cerveau est en train d’exécuter un certain type d’activité. Quand nous disons que quelqu’un est amoureux, nous devrions peut-être dire que son cerveau est dans un état particulier. Essayez d’exprimer des concepts tel que l’amour seulement en termes d’état cérébral semble impossible. L’exprimer ainsi nous ferait passer à côté des qualités essentielles de ces concepts comme le ressenti.

Combiner l’idée que l’esprit n’est pas seulement explicable en termes d’activité cérébrale avec l’hypothèse que tout dans l’univers est physique par nature amène à un paradoxe. Et celui-ci a inspiré la recherche en la psychologie et qui permet de comprendre pourquoi la conscience reste un mystère. Le challenge est donc d’expliquer comment il est possible pour la matière, qui est présumée non consciente, de donner naissance, quand elle est correctement organisée comme avec un être humain, à quelque chose qui n’est pas physique, comme un ressenti, une émotion ou une expérimentation.

Le problème corps– esprit n’est pas le seul élément historique de la discussion contemporaine sur la conscience. William James (1890/1984) considérait la conscience comme un trait essentiel de nos vies mentales, lié à la perception et l’attention. Il distinguait deux aspects de la conscience qui semblaient s’opposer. D’une part, il avait le sentiment que notre conscience était un flux continuel, changeant à tout moment : Comme vous l’avez vu dans un exercice précédent, la conscience change dès le moment où vous réfléchissez à elle. Cela se passe comme si sa connexion avec l’« ici et maintenant » n’était jamais stable. James a appelé ce phénomène « le flux de conscience ». Pourtant, comme il le remarqua, ce flux continuel de conscience s’oppose à notre sens du moi : nous avons le sentiment que, malgré les changements de notre conscience, une entité stable, le Moi, continue à exister.

Sous l’influence des théories comportementalistes, l’étude de la conscience fut ensuite complètement négligée. Parce que la conscience ne pouvait pas être directement observée, certains chercheurs, comme Skinner, ont douté de son existence, Skinner. La croyance en la conscience qui ne pouvait être objectivement ni observée ni mesurée fut considérée comme spéculative, au mieux, et au pire rejetée par le monde scientifique et psychologique. Malgré le fait que la psychologie cognitive suppose que l’on puisse étudier scientifiquement des processus mentaux qui ne peuvent pas être observés, elle tend à ignorer la conscience comme sujet d’étude, favorisant d’autres composants de l’esprit comme la mémoire, le langage ou l’attention. Les raisons de cette situation sont diverses, mais elles sont en partie dues à la complexité du sujet. Toutefois des chercheurs en neurosciences ou d’autres disciplines comme la philosophie ont commencé à s’y intéresser de plus en plus, particulièrement depuis les années 80 et 90. Les recherches sur la conscience tendent aujourd’hui à être multidisciplinaires, rapprochant philosophes, psychologues cognitifs, neuropsychologues, physiciens, etc.

Exercice mental- Expérience de pensée

Je voulais exposer une méthode inhabituelle d’examen de la validité de certaines hypothèses sur la conscience : l’exercice mental

Un exercice mental est un dispositif conçu pour nous amener à questionner notre propre façon de penser. Souvent, l’exercice mental consiste à demander d’imaginer une situation hypothétique. Le but de cette expérience est de savoir si cette situation ou évènement serait réellement possible. Quoi que nous décidions, l’expérience vise à mettre en lumière les concepts sur lesquels cette décision repose. Par exemple, Descartes croyait que son expérience de pensée, incluant des doutes sur ses sens et son corps, montrait que l’esprit n’avait pas besoin d’un corps. Notez que l’expérience de pensée ne s’intéresse pas à la plausibilité, la probabilité ou même la vérité de la situation décrite. Elle s’intéresse seulement au fait de savoir si la situation est possible et ce qu’elle indique au sujet des concepts à partir desquels la situation est décrite. Ainsi, même si la situation décrite par Descartes n’arrivera certainement jamais, si nous acceptons son raisonnement, alors nous ne pouvons pas rejeter la possibilité que l’esprit existe sans un corps. Cela ne signifie pas que l’expérience de pensée prouve que l’esprit peut être désincarné. Mais cela montre que les conceptualisations de l’esprit ne nécessitent pas d’être matérialisées, cela montre qu’une théorie proposant que l’esprit existe en dehors de toute incarnation ne serait pas incohérente. Évidemment, il n’y aura jamais de preuve empirique supportant cette hypothèse, mais ceci est un autre sujet.

Par essence, l’expérience de pensée ou exercice mental nous aide à comprendre les implications de nos modes de pensée habituels. Accepter les conclusions d’une expérience de pensée peut nous amener à changer les concepts utilisés pour formuler certains problèmes. Rejeter les conclusions d’une expérience de pensée suppose que nous ayons démontré qu’elles sont fausses. Pourquoi est-ce que la situation décrite est-elle impossible ? Est-ce que les problèmes ont été décrits de façon incorrecte ? cela signifie un changement des concepts utilisés à l’origine pour décrire la situation, ou cela peut nous conduire à reconnaître l’importance de quelque chose qui avait été préalablement ignoré. Une bonne expérience de pensée devrait toujours nous enseigner quelque chose, quelle que soit la conclusion obtenue.

Pour comprendre comment cela marche pratique je vous invite à revenir aux recherches de Tye sur la vision aveugle.

Vous rappelez que les patients affectés de vision aveugle croyaient que leurs comptes rendus sur la localisation d’objets dans la zone de leur scotome étaient des suppositions. Vous pourriez croire qu’aucune formation de tels patients ne changerait leur expérience subjective. Même si cette formation réussissait sous certains aspects, de telle sorte que les patients produisent spontanément des comptes rendus au sujet de la localisation de lumières dans l’aire de leur scotome, vous pourriez continuer à croire que ces patients les considéreraient toujours comme des suppositions. Si c’était le cas, alors ces patients seraient différents sur le plan comportemental de personnes « normales ». Si on demandait à ces deux groupes : « devine- vous s’il y a de la lumière dans votre champ visuel » les réponses seraient différentes : les uns diraient oui et les autres non.

Alternativement vous pourriez croire que la formation des patients changerait leur expérience subjective car il constaterait au fil du temps que leurs suppositions sont justes, et peut-être en viendrez-vous à ne plus les considérer comme des suppositions mais comme des comptes rendus fiables. Si une formation peut arriver à ce résultat, alors demander à un patient affecté d’une vision aveugle ou à une personne avec une vision normale s’ils avaient seulement deviné qu’il y avait une lumière dans leur champ visuel aboutirait à la même réponse et tous deux diraient non. Comment alors distinguer la vision aveugle ?

À noter que la première option nous demande d’expliquer pourquoi la formation n’influencerait-t-elle pas l’expérience subjective du patient, alors que la seconde option nous demande d’expliquer pourquoi la formation aurait un impact. Bien que dans ce cas, aucune des options ne nous demande de revoir notre conceptualisation de la conscience, cela nous permet de comprendre ce qui n’était pas évident auparavant : à savoir qu’une caractéristique importante de la vision aveugle est que les patients considèrent subjectivement leurs comptes rendus comme des suppositions.

 

 

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