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(Re)-trouver sa confiance en soi : un cas pratique de NeuroManagement

Trouver ou regagner la confiance que l’on a en soi après un deuil. Prendre conscience de ses automatismes. En un mot passer du mode mental automatique au mode mental préfrontal. Mais aussi comprendre ses souffrances, ce qui a « cloché » dans une relation.
C’est ce que je fais en appliquant des techniques de NeuroManagement. Mais, qu’est ce que le NeuroManagement, me direz-vous ?

Il s’agit d’un système de décodage du comportement humain, développé à partir de l’observation du fonctionnement du cerveau. Bien sûr, celui-ci est encore en grande partie inconnu, mais la compréhension de ce formidable système de traitement de l’information, même si cette compréhension reste partielle, permet de mieux appréhender les comportements humains,… à défaut de les changer. Car après tout, ne réagissons-nous pas en fonction des informations reçues, traitées à l’aune de nos souvenirs et de notre personnalité, puis restituées sous forme d’action. Des informations qui sont traitées soient de façon automatique, pulsionnelle ou émotionnelle, soit de façon plus « conscientisée ».
S’il nous est possible d’accéder à nos souvenirs, nous n’avons pas souvent pleinement conscience des composantes de nos personnalités. Or, nos comportements dépendent de notre personnalité, notamment notre personnalité primaire, qui agiraient tout comme un processeur d’ordinateur, car intériorisée par le cerveau reptilien et limbique du très jeune enfant comme étant la réponse juste, « idéalisée », à avoir face à une situation donnée, pour survivre. Et cette personnalité primaire est la résultante d’une, voire de plusieurs, dominantes qui peuvent s’opposer deux à deux.

Difficile de changer une personnalité primaire et donc il vaut mieux la connaître car cela induit un certain type de comportements. Imaginez un philosophe face à un guerrier ou un épicurien ; la communication risque d’être difficile. Autant le savoir.
A cela se rajoute les personnalités secondaires, qui se forment au-delà des trois premiers mois de la naissance, sous l’influence à la fois de l’environnement familial, culturel puis social et du terrain préexistant constitué par la personnalité primaire. La personnalité secondaire qui en résulte est soumise aux lois du « conditionnement opérant » (Skinner) mai comme tout conditionnement, elle peut évoluer ; elle peut être « déprogrammée » car relevant de l’acquis et non de l’inné. Les personnalités secondaires peuvent entrer en conflit avec les personnalités primaires. Autrement dit, il peut y avoir un conflit interne de valeurs entre ce que l’on croit et ce qu’on nous a dit qu’il fallait croire.

La personnalité secondaire est aussi à la source de motivations positives, mais toujours éphémères car nécessitant l’obtention de résultats (renforcement). Elle est également la source de motivations tenaces….. Là aussi, la conscience de nos personnalités secondaires est essentielle à notre mieux-être car comment changer quelque chose que l’on ne connait pas ou comment s’appuyer sur une force dont on n’a pas conscience.

Afin d’illustrer mon propos sur les modes de fonctionnement des personnalités primaires et secondaires, je vais prendre une situation qui a pu arriver à certains d’entre vous, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel, à savoir une perte de confiance en soi après un choc, deuil ou une situation de stress.

Cas pratique
Frédérique, une jeune femme chef d’entreprise, vient me voir suite à un divorce ayant des conséquences lourdes aussi bien sur le plan psychique qu’économique. Son couple n’allait plus très bien depuis quelque temps et ayant rencontré très vite des difficultés de communication avec son époux, sa réponse avait été de consacrer plus de temps à sa vie professionnelle, avec des conséquences inévitables sur son couple en termes d’incompréhension croissante.
A l’écoute de son récit, il était évident que ces deux personnes présentaient un conflit au niveau des personnalités secondaires qui se traduisaient par des attentes différentes au niveau du couple, et donc des motivations les ayant amenés à se marier. Lui construisait sa personnalité au travers de femmes fragilisées ou naïves, elle recherchait une sécurité à l’extérieur qu’elle n’arrivait pas à construire intérieurement. Chacun projetait sur l’autre son propre besoin personnel.

Comment se traduisait-il ?

Jean, le mari, chef d’entreprise à la retraite, souffrait de conflits permanents, tant sur le plan professionnel que personnel, dont il attribuait les causes au fait qu’il soit incompris tout comme il l’était déjà par ses parents. Pourtant il estimait être « gentil » avec tout le monde et il parlait beaucoup d’aider les autres ; il recherchait donc des personnes en grande difficulté psychique et se positionnait comme un « sauveur ». Cela bien entendu ne durait pas car tous les individus ont une part d’autonomie qu’ils entendent bien exercer, même si par moment le découragement les en empêchent. Les tentatives d’« aides », professionnelles ou personnelles, se terminaient par des ruptures le plus souvent conflictuelles car soit il ne supportait pas de voir s’émanciper les personnes qu’il voulait « sauver », soit il délaissait une personne pour une autre en plus grande difficulté ce qui lui permettait de continuer à satisfaire son ego mais laissait la personne abandonnée « en miettes ». Il changeait ainsi régulièrement de compagnes, espérant en trouver une qui cette fois-ci le comprendrait.
Les mécanismes de ses comportements n’étant pas conscient, il ne comprenait apparemment ni sa marginalité sociale, ni ces conflits à répétition. Il recherchait en permanence et, particulièrement au travers des femmes, une compréhension basée sur l’écoute et la compassion. En même temps, il ne parlait que de lui et de ses souffrances. Il suivait une psychanalyse depuis une vingtaine d’années avec des thérapeutes différents ce qui avait eu pour effet de renforcer son sentiment que ses problèmes venaient des autres, notamment de ses parents et non de lui.

Ma cliente savait tout cela au moment de se marier et donc comprenait que son besoin de sécurité ne pourrait jamais être satisfait par l’union avec ce profil. Et pourtant…
Que se passe-t-il dans un cas comme celui-ci où l’intuition avertit d’une erreur et que la personne ignore cet avertissement ? La réponse est à chercher dans la structure des personnalités.
Il était d’abord important de comprendre les composantes de la personnalité primaire de ma cliente. Au vu des entretiens et des tests, deux dominantes fortes se dégageaient : celles que nous pourrions appeler le « Sage» et le « Stratège », dont les valeurs respectives sont un besoin de sécurité, d’ordre, de structuration et une capacité à diriger et à organiser. Voilà qui prédisposait peu à tomber sous la coupe d’un « sauveur »/ manipulateur excepté qu’au moment de la rencontre, ma cliente revenait d’une mission à long terme effectuée dans un pays en état de guerre et se retrouvait dans un état de grande fatigue psychique et de solitude.
Sachant qu’il n’est possible de travailler que sur les personnalités secondaires, nous avons approfondi notre compréhension de son caractère par une suite d’exercices et d’entretiens et cherché déterminer quelles étaient ses personnalités secondaires, en d’autres termes, quel était l’héritage paternel et maternel. Il y avait naturellement des bonnes et de mauvaises choses dans cet héritage c’est-à-dire des valeurs auxquelles ma client adhérait, mais sans que cela soit un idéal spontané ; il y avait aussi des préjugés, des rigidités, voire des évitements.

Parmi les facettes positives, elle citait « j’aime prendre des responsabilités, les défis » ou « tout est opportunité à se dépasser et à évoluer » ou encore « il faut se battre pour exister », « il ne faut dépendre de personne ». Parmi ce qu’elle n’aimait pas jusqu’à le fuir, on trouvait, « je ne supporte pas la lâcheté, la paresse, la dépendance matérielle », sentiments bâtis sur le rejet des injonctions suivantes intériorisées alors qu’elle était enfant : «une femme doit rester discrète, ne pas se mettre pas en avant, la réussite et la sécurité pour une femme est dans le mariage, une femme doit simuler la soumission pour survivre, elle doit être parfaite et fragile en apparence ». Ces injonctions provenaient surtout de la culture patriarcale dans laquelle ma cliente avait grandi et qu’elle avait rejetée avec force compte tenu de sa personnalité primaire de stratège. Elles avaient généré un fort manque de confiance en elle, entre conformité, indépendance et survie. Ce conflit entre valeurs innées et acquises avait favorisé la mise en place d’une personnalité secondaire de « Compétiteur », profil de type plutôt masculin développé en compensation de la non-reconnaissance de son statut de femme autonome particulièrement dévalorisé dans la culture de ma cliente. Ce profil lui avait permis d’avoir une brillante réussite professionnelle mais qui ne la satisfaisait pas. Il lui semblait qu’elle dût toujours prouver quelque chose et que tout ce qu’elle faisait n’était jamais suffisant. Et pour cause : ce profil secondaire de « Compétiteur » était plus « construit » que spontané. Il attirait l’admiration, alors qu’elle recherchait la sécurité notamment affective.

Et elle restait une femme…. alors, dans l’état de fatigue psychique où elle était au moment où elle a rencontré Jean, les motivations liées à sa personnalité secondaire demandant un effort, tels que le dépassement, les défis à relever, se sont effacées et les structures de personnalités primaires refoulées sont réapparues sous la forme d’un besoin de sécurité et d’organisation mais projetées sur le conjoint et non intériorisées. Compte tenu de la personnalité du conjoint, lui-même compétiteur, ce besoin ne pouvait pas être satisfait par celui-ci ; il ne pouvait d’ailleurs être satisfait par aucun autre être humain mais seulement par ma cliente elle-même.
Quelque temps après, la structure de la personnalité secondaire réapparût et les conflits entre les époux commencèrent.

Conclusion
Des séances de travail, il est ressortit que la dimension négative de sa personnalité secondaire, construite au travers d’une éducation et des codes culturels, imposait des règles, des freins et des blocages qui s’opposaient à sa personnalité primaire. Ces blocages s’érigeaient comme antivaleurs des valeurs représentatives de sa personnalité primaire. En d’autres termes, l’éducation et les codes culturels n’ont pas favorisé les valeurs portées par une personnalité primaire caractérisée par un besoin de sécurité, de structuration et d’organisation. La satisfaction de ces besoins a alors été projetée sur, ou déléguée à, l’autre, le conjoint dans le cas étudié. Or celui-ci ne pouvait réaliser ces besoins dans la mesure où lui-même construisait sa personnalité au travers l’autre et ses fragilités.
Est-ce que la connaissance de sa personnalité primaire et des personnalités secondaires, notamment les rigidités, les inadaptations et les contradictions internes que celles-ci génèrent, aurait pu éviter cette souffrance ? Personne ne peut le dire car nos personnalités, caractères et tempéraments, sont profondément ancrés en nous-mêmes. Mais, la souffrance qui dans le cas étudié a été source de questionnement, a permis de faire un pas de plus vers la connaissance de soi et il est probable que les choses ne pourront plus se passer de la même façon pour ma cliente tant il est vrai que nous apprenons plus de nos échecs que de nos réussites.
Il est également vrai que nous avons besoin d’aide et d’écoute dans ces moments, pour comprendre, nos conflits, internes et/ou externes, mais aussi pour affronter nos comportements, les revivre, et enfin surtout pour transgresser nos interdits sociaux. Empathie et pédagogie sont essentielles dans l’accompagnement de son client pour la reconquête de sa liberté perdue.

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