Service public et santé en France

39285918_sLes derniers mouvements sociaux montrent le malaise de l’hôpital public en France qui doit gérer un service public essentiel comme une entreprise privée libérale.

Le challenge est d’autant plus difficile dans le contexte actuel de mouvements de fonds en termes d’évolution sociétale, mouvements irréversibles tout au moins à court terme: vieillissement de la population, désertification médicale d’une partie du territoire, féminisation de la profession médicale, accroissement des maladies longue durée, changement de paradigme quant à la place du travail comme valeurs par rapport à celle de l’équilibre familiale….. ; Les constats ont été faits et refaits et je ne reviendrai pas sur tous ces aspects sauf peut-être sur la question des idéologies politiques.

En effet, nous sommes dans un monde où les politiques sont décidées en fonction d’idéologies datant des 18e et 19e siècles, élaborées à partir de sociétés qui n’existent plus : le clivage « droite-gauche », dont les politiques sont quasiment interchangeables, sont à mon avis l’exemple le plus frappant de ce monde disparu et moins complexe qu’il ne l’ait aujourd’hui. Une nouvelle approche politique reste à inventer, basée sur la société telle qu’elle existe et non telle qu’elle l’a été. Cela éviterait beaucoup d’erreurs stratégiques telles que la loi sur les 35 heures dans un contexte de rareté des ressources financières et humaines. Même si cette loi ainsi que le souhait de travailler moins sont légitimes, elle s’appuyait sur des besoins d’une autre époque.

Quelles pourraient être les bases de cette nouvelle idéologie politique(an sens de système de pensée structurée mais non enfermant come le clivage droite –gauche, chacun se croyant obligé de jouer un rôle): D’abord la réaffirmation du respect de l’homme et de l’environnement. Ceci amène à la question de la prise en charge sanitaire des immigrants, problème immédiat et crucial.
Ensuite la réaffirmation de la prise en charge par la collectivité des besoins physiologiques et de sécurité de la société, à savoir la prise en charge des problématiques de santé en fonction des ressources de chacun.

Plusieurs questions essentielles se posent ici :
– au niveau de la définition de la notion de sécurité. Doit-on continuer à consacrer d’importants budgets à l’armement alors que celui-ci est devenu de plus en plus sophistiqué et que la guerre dite conventionnelle a disparu? Ne pourrait-on pas transférer ces budgets à la Santé ? La question de défense militaire ne devrait-elle pas être prise en charge au niveau européen ? Si oui, quelle Europe (quels pays ?) ? En d’autres termes, comment définir la sécurité aujourd’hui, entre sécurité d’un territoire (mais avec quelle frontière ?) et sécurité des personnes et de leur santé ?
– au niveau de la prise en charge par la collectivité, cela reviendrait à prendre en charge les besoin de ceux qui ne peuvent pas accéder au système de santé, soit par manque de ressources, soit par manque de médecins. Le principe serait celui de l’équité : l’accès aux soins pour tous mais à chacun selon ses besoins.
– Le principe de service public est à réaffirmer dans le domaine de la santé:
(i) L’hôpital public est à remettre au cœur du système de santé avec les difficultés que cela posent compte tenu, d’une part fort taux de syndicalisme qui existent dans les professions médicales et qui font passer la défense des intérêts corporatistes avant ceux de la collectivité et, d’autre part de la gestion technocratique et peu transparente des agences régionales de santé dont le système de pensée est de type libéral (économie avent tout ; pas d’évaluation des politiques publiques surtout en Ile de France; peu de personnel et sans véritable formation en santé publique décidant pour tout un territoire, fort lobbying des médecins ….).
(ii) Cela amène à la réforme de la fonction publique, aussi un héritage du passé, pour un meilleur service public.
(iii) en termes de maintien du service public, doit-on demander au corps médical de consacrer une partie de leur temps à la collectivité, à ceux qui ne peuvent accéder aux soins ? A quand l’introduction du dossier patient informatisé qui semble si compliqué à mettre en place en France ?

Comme vous le constatez les questions sont nombreuses et les choix touchent aux valeurs d’une société. Et en l’absence de vision politique, nous ne pouvons que réaffirmer notre attachement à la notion d’humanisme et ce qui en découle.

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