Stress et intelligence spirituelle

Le stress peut favoriser le développement de maladies. La recherche du sens de sa vie et donc l’intelligence spirituelle peut aider à y faire face et limiter les risques de maladie.  La maladie est en effet une combinaison de facteurs biologiques, sociaux et physiologiques. Engels (77,80) a développé un modèle biopsychosocial ; pour lui, la santé ou la maladie seraient une conséquence des variables physiques, psychologiques et culturel. Tout dépend alors du sens qu’une personne donne à sa maladie, ce qu’elle veut consciemment ou non, ses attentes sociales (prise en charge ou non par son environnement), son état psychologique, son style de réponse à la maladie ainsi que le contexte social.

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress peut être étudié sous plusieurs aspects :

–          Comme réponse du stimulus aux évènements de la vie : nous pouvons tolérer un certain niveau de pression mais au-delà, nous tombons malades ;

–          Au niveau de ses conséquences physiologiques ;

–          Comme mesure de notre capacité de faire face au stress et au déséquilibre entre exigences et moyens.

Le stress peut donc être un stimulus, une réponse ou un processus transactionnel avec l’environnement (Sarafino, 2012, Lazarus & Folkman). Les facteurs de stress ont nombreux : tâches quotidiennes, rôle attendu comme femme, mari…, des difficultés, un non-évènement (mise au placard) ou des traumas. Le stress peut être ponctuel ou chronique.

Les modèles de stress

Deux grands courants ont essayé d’expliquer le stress

–          Les modèles stimulus-réponse. Parmi eux le modèle de « fuir ou combattre » (Canon ,32), la « théorie du syndrome général d’adaptation » (Seyle, 36,56) et la théorie des évènements de la vie (Holmes et Rahe, 67),

–          Les modèles transactionnels (Lazarus & Folkman, 75)

Pour Canon, une menace extérieure déclenche une réponse automatique de fuite ou de combat ; le stress est donc une réponse adaptative provoquant un changement physiologique du système nerveux sympathique (SNS) et de l’hypothalamus amenant à une libération d’adrénaline et de cortisol.

Pour Seyle, le stress affecte l’organisme selon un process en 3 étapes : alarme, résistance et épuisement. Les effets du stress sont cumulatifs et entrainent de sérieuses pathologies quand la personne est incapable d’y faire face. Ici aussi les étapes sont observables physiologiquement.

Ces deux modèles ont été remis en question. Pour Mason (75) en effet, le système endocrine n’a pas de réaction spécifique au stress et réagit différemment selon le type de stress. Toutes les réactions sont intégrées par le SNS et donc passe par la reconnaissance psychologique d’un danger.

Le modèle transactionnel de Lazarus (75) s’intéresse quant à lui aux interactions entre la personne et son environnement. Il met l’accent sur le rôle de l’’évaluation d’une situation dans la perception du stress et la façon d’y répondre. Selon son appréciation, la personne sera stressée ou non.

Pour Holmes & Rave (67), le stress est une réponse aux expériences de la vie. Ils ont répertorié 43 évènements de la vie, auxquels ont été affectés un certain nombre de points selon le niveau de stress présumé ; puis ils ont demandé à 400 participants quels évènements ils avaient vécu au cours de l’année écoulée. Plus le participant a connu d’évènements, plus il a de de points, plus il peut tomber malades. Cette approche a été affinée mais il en ressort que les évènements négatifs apportent plus de stress que les positifs ; ce n’est donc pas le changement qui est source de stress mais seulement le changement non contrôlé ou inattendu. Un évènement positif peut également atténuer les effets d’un évènement négatif.

L’approche d’Holmes & rave doit donc être prise avec précaution car elle ne tient pas compte de paramètres tels que la différence entre évènements désirables ou non, les ressources sociales de la personne, la dimension temporelle de l’évènement…. Et surtout les différences individuelles et le niveau d’anxiété naturelle de la personne. Les chercheurs n’ont pris en compte ni le contexte, ni le domaine de vie dans lequel l’évènement survient, voire des buts personnels de l’individu. Il n’existe donc pas de modèles satisfaisants à ce jour.

Les conséquences du stress

Le stress peut réduire l’attention et l’efficacité mais aussi augmenter l’attention et motiver l’action. Des émotions, peur…, peuvent accompagner le stress. Celui-ci peut affecter la santé par les comportements à risque qu’il engendre pour y faire face : manger, fumer…

Il peut amener des désordres cardiovasculaires et de l’hypertension par

–          Réactivité cardiovasculaire (athérosclérose)

–          Réactivité du système endocrine

Mais aussi des désordres psychophysiologiques (ulcères…), de l’asthme, des maux de têtes chroniques, voire certains cancers, même si cela n’est pas totalement prouvé. Le stress peut empêcher le système immunitaire de fonctionner normalement.

Lutter contre le stress

Le support social, émotionnel et assistance, ont prouvé leur efficacité. Pareil lorsque la personne a l’impression de reprendre le contrôle de la situation (Sarafino,2012, Langer & Rodin, 1976, Rodin & Langer, 77). Trouver ou retrouver du sens est essentiel pour lutter contre le stress.

Peuvent aussi fonctionner le changement d’environnement, la préparation à des évènements stressants (par exemple, l’information donnée avant une opération chirurgicale).

Il existe aussi des méthodes comportementales ou cognitives : médicaments relaxation, biofeedback, restructuration cognitive (changer ses pensées…) ; méditation, hypnose.

Le succès dépendra de la personnalité de l’individu, du développement de son intelligence spirituelle aidé par la qualité de son environnement.

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