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Vers un nouvelle société, celle de la connaissance

33853210_sUne succession de crises depuis une trentaine d’années…
Depuis une trentaine d’années, les crises sont nombreuses et sont la conséquence de l’accroissement démographique sur la planète et du mode actuel de développement. Aujourd’hui encore, nous subissons les conséquences d’une crise financière de grande ampleur, née aux Etats-Unis en 2008. Celle-ci a eu des conséquences sur l’accès au crédit et donc sur l’activité économique. Des outils économiques de régulation existent mais le climat est instable et peu propice à la prospective économique voire à la stabilité politique mondiale.
L’intérêt des crises économiques successives est d’avoir amené les individus à une prise de conscience du côté fragile d’une économie basée sur des bulles financières qui créent des fortunes et les font disparaitre en quelques secondes. Mais les conséquences sont lourdes sur le plan social. Elles peuvent être dramatiques si elles se cumulent d’autres facteurs comme ce fut le cas en 2008, période pendant laquelle la crise financière s’est accompagnée de l’éclatement simultané d’une crise structurelle majeure, celle de l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables, avec trois composantes toutes aussi fortes et durables : écologique, énergétique et alimentaire.
La crise écologique n’en est pas à ses premières manifestations. De la réduction accélérée du nombre d’espèces à la pollution de l’eau ou de l’air, en passant par les effets de serre, les symptômes s’accumulent depuis de nombreuses années. Ils sont dorénavant mieux connus et commencent à devenir directement perceptibles, des tempêtes aux inondations en passant par une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes.
Quant à la crise énergétique, elle était aussi parfaitement annoncée, sans que rien, depuis la « sortie » du 2nd choc pétrolier, ne soit venu en prévenir les conséquences. Le 3ème choc pétrolier de 2008, bien que d’origine spéculative, était prévisible Car dû à la demande en forte croissance des grands pays en situation de décollage économique, comme l’Inde et la Chine, mais aussi à la diminution des découvertes de gisements et à l’accroissement de leurs coûts de mise en valeur. Le problème énergétique a notamment pour conséquences d’accroître les inégalités de revenus ou de pénaliser ceux qui habitent en zone rurale et en grande banlieue et ne peuvent réduire l’utilisation de leurs véhicules ou ceux qui ne peuvent pas prendre en charge l’amélioration de l’isolation thermique de leur logement. L’accroissement du coût des transports devient une donnée structurelle qui va s’imposer à tous. Elle rend d’autant plus indispensable une politique volontariste de relocalisation des activités.
La crise alimentaire aussi était parfaitement prévisible si on considère l’accroissement du nombre d’habitants sur la planète, la désertification des sols, la dégradation de la fertilité d’au moins un quart des terres utilisables dans le monde et l’émergence de programmes disproportionnés de mise en culture de plantes pour les agrocarburants. Notre monde connaît à nouveau les émeutes de la faim. Il voit se multiplier les catastrophes climatiques, qui créent une nouvelle catégorie de réfugiés. Le fondement de son économie depuis plusieurs décennies, le pétrole, est en voie d’épuisement. L’imprévoyance de son système politique et économique menace la survie même de l’espèce humaine.
Les pays pauvres, frappés de plein fouet, auront des difficultés accrues pour satisfaire les besoins les plus élémentaires de leurs populations, ce qui met en danger non seulement leur économie, mais aussi la démocratie.
… dans un contexte géopolitique troublé…
Ces crises multidimensionnelles provoquent des peurs et génèrent de l’instabilité politique d’autant plus que le contexte géopolitique a changé de puis la chute du mur de Berlin en 89. La donne n’est plus la même et cela sous trois aspects : le remplacement d’un axe d’échanges Nord- Sud par un axe Est – Ouest, le montée des extrémismes, l’apparition de sociétés transnationales
Au niveau international, plusieurs décennies d’aide au développement n’ont pas permis de réduire les inégalités. Les crises ont eu un impact majeur sur les populations les plus fragiles qui sont et seront les premières et les plus lourdement touchées par un accès insuffisant à l’eau ou à une alimentation de qualité, une moindre protection vis-à-vis des catastrophes naturelles, un accroissement des pollutions locales de l’air et du réchauffement global.
D’un autre côté, certains pays émergents tels que les pays du golfe arabique, La Chine, l’Inde, le Brésil…. disposent maintenant de ressources financières très importantes leur permettant d’investir massivement dans l’économie mondiale. Ils sont à la recherche d’une reconnaissance sur la scène diplomatique et l’investissement dans les pays pauvres est un des moyens d’acquérir cette légitimité. D’autant que ceux-ci ont plus de facilité à se tourner vers des pays qui, il n’y a pas si longtemps, avaient les mêmes problèmes plutôt que vers les anciens pays colonisateurs. De nouveaux réseaux d’échange se mettent en place et cela n’est pas sans conséquence sur la situation des pays développés à économie de marché .
Car dans ces pays aussi, les inégalités persistent d’autant plus que l’importance croissante de la dépense énergétique dans le budget des ménages aggrave les inégalités entre les personnes, les territoires, les situations professionnelles.
Or, pour pouvoir faire face à la pauvreté ou la misère, l’Homme a besoin de croire que la situation évoluera, que demain sera un jour meilleur, sur cette terre ou … après la vie. La religion l’aidait à supporter son sort. Or la légitimité des grandes religions monothéistes est remise en cause par cette époque marquée par une individuation de plus en plus grande. L’homme prend de plus en plus conscience de son individualité et ce mouvement est facilité par des possibilités d’échange et de communication instantanée que nous n’avions jamais connues auparavant.
On assiste alors à deux mouvements avec d’un côté les individus qui se construisent une foi « à la carte », prenant dans les divers courants religieux, politiques ou ésotériques ce qui leur convient et rejetant le reste et se construisant ainsi une croyance et une identité unique ; et de l’autre côté, se situent les individus qui continuent à se rattacher à une organisation qui leur promet un monde meilleur contre la destruction d’un ennemi supposé. Le discours démagogique s’appuie alors sur la violence et l’espoir.
Le dernier phénomène apparu ces dernières décennies est la montée en puissance des sociétés transnationales, non contrôlables par les États bien que certains en revendiquent la paternité sans en avoir l’autorité. Ces sociétés qui représentent environ 70 % des échanges commerciaux mondiaux, font et défont les États.
Leur but est la maximisation du profit et pour cela ils utilisent les moyens à leur disposition : main d’œuvre bon marché des pays pauvres, corruption des États…
Et il faut faire avec malgré les problèmes humains que ce la pose. En effet, les politiques des nations ne sont pas assez homogènes et sont encre trop basées sur la recherche de légitimité et de pouvoir pour qu’aucune politique internationale ne puisse être mise en place de façon efficace. Actuellement et parce que ces sociétés transnationales sont toutes puissantes, les moyens d’action sont plus politiques et humains qu’économiques pour réduire les inégalités et instaurer une nouvelle société.
…Annoncent un changement de paradigme
Ces crises et ces évolutions économico-politiques annoncent une révolution, un changement de paradigme, une nouvelle manière de voir les choses.
Nos sociétés ont vécu depuis les révolutions industrielles sur le schéma d’un développement économique basé sur une utilisation croissante, sans retenue et très bon marché des ressources naturelles de la planète. Cela devait conduire au bonheur pour tous. Ce schéma trop économique est aujourd’hui obsolète. L’évolution du contexte politico économique qui s’accompagne d’une nouvelle révolution économique, celle des nouvelles technologies de l’information et de la communication, qui impose de concevoir autrement l’organisation de la société, davantage fondée sur la responsabilité individuelle, une logique de réseau plutôt que centralisée, une importance accrue donnée à la connaissance et à la qualification.
Loin des peurs millénaristes, il s’agit de considérer les crises comme un formidable levier pour rendre au monde sa part d’humanité. La construction d’un nouveau modèle de développement est une aventure fabuleuse auquel de nombreux citoyens du monde adhèrent déjà. La meilleure harmonie et le respect de la vie, loin d’être une contrainte, représentent un nouvel art de vivre et d’agir comme citoyen.
Il s’agit de construire une société de la connaissance ouverte qui permette la mobilisation du formidable potentiel de savoirs, de créativité et d’innovation que recèle l’humanité. Un nouveau monde émerge sous nos yeux sans que l’ancien ait disparu, d’où les frictions et les conflits qui mettent en danger l’humanité. Ce bouleversement appelle à la créativité et à la solidarité.

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